J’ai suivi toute cette conversation avec beaucoup d’intérêt, surtout en vue des discussions qu’on a avec les conseillers de race Tchèques et Slovaques cet été dans les divers camps de travail il y a quelques jours.
D’abord je dois dire que c’est très positif de travailler pour mettre en place une telle chartre d’élevage. Je suis aussi tout à fait d’accord avec le fait qu’une charte d’élevage ne sert pas à remplacer un contrat de vente. Donc a quoi cela sert exactement?
Le but de la chartre d’élevage
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Originally Posted by Yves
Une charte d'élevage a pour but de garantir le serieux de l'élevage et la garantie pour le future acquéreur d'avoir un chiot en bonne santé physique et mental.
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J’aime l’esprit de cette proposition, mais (au risque de paraître un peu difficile) je trouve qu’il est impossible de garantir le fait d’avoir un chiot en bonne santé physique et mental et cela pour deux raisons – D’abord je ne connais aucun éleveur sérieux qui n’ai pas eu un chiot a problématique – que cela soit au niveaux physique (p. ex dysplasie) ou mental. Puis il se trouve que une fois parti de chez l’éleveur la santé du chiot va dépendre essentiellement de son nouveau propriétaire. C’est un fait.
Plutôt que garantir le chiot ce que la charte garantie c’est le service – le fait que le chiot soit né des parents sains, élevé dans un environnement adéquat et qu’il recevra les soins nécessaires pour que chiot soit en bonne santé. De plus, l’éleveur s’assure que le nouveau propriétaire a les informations nécessaires pour élever correctement son chiot. (La je trouve la proposition de faire des explications communes intéressantes)
Ayant dit cela – je trouve qu’une charte d’élevage peut être plus ambitieuse que de simplement établir le sérieux d’un élevage et garantir le service/et ou l’état des chiots sans pour autant être réellement plus contraignante. Deux autres fonctions me paraissent importantes et peuvent être remplies par une telle chartre –
D’abord elle peut servir comme base pour l’amélioration de la race. Quelque part c’est implicite que les bons éleveurs cherchent à améliorer la race en éliminant les vices (tels que la dysplasie) mais cela ne fait certainement pas de tort de le dire explicitement. Deuxièmement elle peut renforcer la collaboration entre éleveurs. C’est un fait qu’aucun éleveur individuellement défini la race – c’est un effort collectif, et donc je trouve que c’est important d’avoir cette collaboration entre éleveurs.
Donc je récapitule – a quoi peut servir la charte?
1) Une garantie de la part de l’éleveur
2) Un engagement pour l’amélioration de la race
3) Etablir une base de collaboration entre les éleveurs
Contenu de la chartre
Une fois que le but de la chartre est établi (et je souligne que ce que je viens d’écrire est une proposition, aussi valide que n’importe quelle autre) on peut commencer à discuter sur le contenu de la chartre.
Idéalement la chartre doit être assez souple pour que suffisamment d’éleveurs s’adhèrent á elle, mais en même temps contenir des consignes qui servent réellement a obtenir les buts de la chartre elle-même. A mon avis la meilleure façon de faire cela c’est d’adresser d’abord les problèmes les plus importants auxquels doivent faire face les éleveurs et puis périodiquement (tous les trois ou cinq ans par exemple) revoir la chartre pour s’assurer que les réels problèmes y sont réellement adresses.
Il y deux sortes d’éléments qui ont été discutes – de un les éléments qui concernent la relation entre le futur propriétaire et les éleveurs. Ceci concerne par exemple le choix des nouveaux propriétaires, la garantie de l’éleveur vis a vis le propriétaire, les informations qui sont fournis au nouveau propriétaire etc. L’état actuel de la discussion dans ce domaine semble être a la fois claire et avancée.
Criteres d'élevage
L’autre aspect tout aussi important concerne la façon dont on s’adresse à la sélection des couples pour la reproduction. Voici les problèmes principales dans ce domaine –
1) Eviter les défauts génétiques (ex. dysplasie)
2) Limiter la consanguinité
3) Limiter la sur utilisation des males reproducteurs
4) Trouver l’age limite pour la reproduction des femelles
(ceci n’est pas en ordre de priorité)
Eviter les défauts génétiques (ex. dysplasie)
Ceci est relativement simple – il faut de un décider quels sont les défauts génétiques a surveiller (ie dysplasie) et puis définir quels sont les critères acceptables pour la reproduction. Aux pays d’origine ils utilisent un tableau assez complexe selon la dysplasie du male et de la femelle, qui tolère un peu plus de dysplasie chez la femelle que chez le male, mais en tout cas ne tolère pas l’utilisation des individus avec une dysplasie supérieure a C. (Encore un petit détail, les critères pour la mesure de la dysplasie ne sont pas uniformes en Europe. Un même chien peut avoir dysplasie B en Rep. Tchèque et dysplasie A en France – cela est un problème qui vient des définitions données par les écoles vétérinaires, et face auxquels on ne peut pas faire grand chose, mais il est important d’être conscient de cette différence) Egalement important est le fait de déclarer les chiens qui ont des défauts génétiques et pour cela de les tester systématiquement. Je crois que pour l’instant on a la chance de ne devoir s’occuper systématiquement que de la dysplasie.
Donc ici une démarche possible a suivre –
1) Définir quels sont les défauts génétiques á surveiller (probablement la dysplasie pour commencer)
2) Etablir la façon dont les défauts seront mesures et/ou détectes, et mettre un place un système pour informer les autres éleveurs de ce fait.
3) Etablir des critères d’acceptabilité des défauts (ce qui est critique car tous les chiens ne seront pas parfaits)
Limiter la consanguinité
Sans doute, un des problèmes qui risquent d’être les plus importants pour le CLT – C’est une race qui a assez de lignées (quoi qu’on en discute – je reviendrais sur cette discussion bientôt) pour survivre, pourvu que la consanguinité soit gère correctement. Deux réflexions á ceci – Malgré le fait que une augmentation de la consanguinité dans la race est la menace la plus sérieuse a la continuation de la race – c’est aussi le problème que j’ai l’impression et le moins bien compris par les éleveurs, qui font des croisements qui posent un risque important à ce niveau la plus par incompréhension de l’importance et les conséquences du problème qu’autre chose. Donc le fait d’avoir une guide de ce qui est acceptable et non serait instructif pour ces éleveurs qui ne sont pas experts en génétique, et en plus le fait d’avoir des règles claires éviterait les surprises après le fait quand certains éleveurs voient critique leur travail á cause de l’augmentation de la consanguinité dans leurs élevages.
Limiter la sur utilisation des males
Lie à la consanguinité – A éviter ce qui est arrive dans le passe avec Rep z Pohranieni straze. Il ne faut pas être trop contraignant mais établir une limite raisonnable. (par exemple deux ou exceptionnellement trois saillies par male et par an)
L’age limite pour la reproduction des femelles
Quelque chose qui a été déjà bien discute – je ne peut que communiquer la situation dans les pays d’origine – jusque l’age de huit ans il n’y a pas de problème. Au delà de ce moment la un examen vétérinaire est demander pour établir si la femelle est en état de reproduire (ce qui arrive de temps a autre)
Comme dernière recommandations a propos des décisions concernant les croisements – j’encouragerait aux éleveurs de consulter avec d’autres éleveurs (au delà des propriétaires du male et de la femelle) pour discuter des différentes possibilités. C’est toujours vrai que d’autres personnes peuvent voir des problèmes qui nous échappent. Néanmoins malgré toute consultation la décision finale de la saille reste entre les mains du propriétaire de la femelle.
Il y a encore quelques particularités a la race qui peuvent être inclus dans la chartre – l’age des départs des chiots me paraît la plus importante – je sais que pour la plupart des race l’age conseille est de 8 semaines, mais en pratique pour le CLT 6 semaines convient beaucoup mieux. Il est important de le signaler et d’expliquer pourquoi – sinon cela risque de causer des problèmes plus tard.
J’espère que ces quelques réflexions peuvent être utiles pour la rédaction de ladite chartre d’élevage.